Qui était Daniel Sérus ?

La section socialiste du 17e arrondissement de Paris porte depuis novembre 2007, le nom de Daniel SÉRUS.

Mais qui est DANIEL SÉRUS ?

Daniel SÉRUS est un ancien camarade de la section socialiste du 17e arrondis-sement, il était aussi un militant sidérurgiste engagé à la CFDT. Né en 1928 et mort fin juillet 2003. Retrouvé dans la nuit du 14 au 15 août, il fait partie de ces milliers de personnes victimes de la canicule et de l’imprévoyance de notre société.

Son nom a été découvert dans la presse parmi ceux des indigents sans famille devant être enterré à Thiais. Immédiatement, Elisabeth Larrieu, conseillère de Paris et camarade de Daniel a fait toutes les démarches nécessaires pour tenter de récupérer le corps avant qu’il ne soit trop tard.

Pour mieux connaître Daniel SÉRUS laissons parler ceux qui l’ont le mieux connu et ont prononcé en son souvenir quelques mots lors de ses obsèques le 3 septembre 2003 au cimetière de Pantin.

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Ses camarades de l’U.P.S.M. CFDT ( Union Professionnelle des Syndicalistes de la Métallurgie) :

Évoquer la mémoire et la vie de Daniel, c’est avant tout parler d’un ouvrier-militant. C’est cela qui le caractérisait, et c’est cela dont il était fier.

Tous ceux qui ont connu Daniel et qui ont milité à ses côtés se souviendront longtemps de la silhouette un peu courbée du grand marcheur et amoureux de la nature qu’il était.

Il était né en 1928 à Coulommiers, même s’il n’évoquait guère sa vie, il ne manquait de rappeler à qui voulait l’entendre son expérience d’ouvrier agricole d’abord, et d’OS chez Citroën ensuite.

Il avait d’ailleurs retenu de ces expériences un comparatif lourd de vérité et de sens : les chevaux dans les fermes sont mieux traités que les OS chez Citroën.

Il en avait gardé aussi une conscience de classe pleine de conviction et d’engagement au côté de cette classe ouvrière dont, viscéralement, il se sentait partie prenante.

Il a été de tous les combats pour la justice sociale, de toutes les luttes contre ce que, régulièrement, il appelait le patronat réactionnaire.

Sans doute fait-il partie de ce petit nombre de militants qui n’a du manquer aucune manifestation du 1er mai, et d’ailleurs aucune manifestation tout court.

Daniel, c’est un métallo. Un vrai. C’est un militant authentique. Sans chercher à briller, il toujours été là, son engagement dans la permanence des isolés du STRAMP (Syndicat des Travailleurs de la Métallurgie de Paris) en est une parfaite illustration.

Il est impossible d’évoquer Daniel sans se souvenir des petites phrases qu’il laissait sur le tableau de la salle de la réunion du STRAMP et de l’UPSM, et que nous retrouvions le lendemain matin. Ces pensées sont révélatrices à la fois de sa culture d’autodidacte, mais aussi de la volonté permanente qu’il avait de lutter contre l’exploitation sous toutes ses formes. Il y vilipendait le patronat, le capital, et bien avant d’autres, y considérait que pour d’illusoires profits, on était en train de brader la nature et l’environnement. Car Daniel aimait la nature, la forêt, il y randonnait de longues heures seul ou en groupe, et y trouvait la force de poursuivre tous ses combats.

Écologiste avant beaucoup d’autres, Daniel nous laisse le souvenir d’un militant, d’un copain, d’un syndicaliste.

La canicule qui t’a emporté nous a lâchement privés de ta présence, de ton expérience, de ta gentillesse, de tes coups de gueule.

Le combat que tu as mené toute ta vie continue. Daniel, tu nous manques déjà.

Salut, Daniel.

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Elisabeth LARRIEU, Conseillère de Paris de 1995 à 2008 :

Mes chers amis,

 Que dire de notre sentiment de stupeur et de détresse à la lecture de la liste des morts oubliés du mois d’août en y découvrant le nom de notre ami Daniel Sérus.

 Quelle liste désolante dans sa sèche énumération de solitudes où Daniel mêlé à ses frères d’infortune inconnus n’était cependant pas pour nous, et bien au contraire, un inconnu…

Car, aussi loin que je me souvienne depuis près de 30 ans que je suis dans la section du PS du 17ème il me semble avoir toujours connu Daniel.

 S’il l’on savait peu de sa vie personnelle, tant sa discrétion sur lui-même était grande, on sait tous qu’il fut un exceptionnel militant fidèle aux valeurs de gauche et d’un indéfectible engagement politique.

Sa façon d’être présent tenait pour moi de la magie.

On n’avait pas besoin de l’appeler, il était là. Il était là à nos AG, il était là dans les manifs, dans les meetings, dans les campagnes électorales, dans les bureaux de vote. Daniel était là soudain à vos côtés silencieusement sans qu’on l’ait vu arriver, prenait place et participait à l’activité du moment.

Il aimait prendre la parole toujours dans le respect de celle d’autrui et s’adressait à nous du fond de son expérience d’homme libre et authentique.

Ses propos nous subjuguaient par leur frappante pertinence et la forte conviction avec laquelle ils étaient exprimés.

Puis Daniel disparaissait aussi magiquement qu’il était venu, jusqu’à ce que comme d’habitude, sans qu’on l’appelle, il soit à nouveau là.

Alors, aujourd’hui j’ai du mal à penser que la magie est rompue et qu’il nous faut désormais continuer sans lui dont nous garderons tous la mémoire dans nos cœurs ;

Nous sommes ici nombreux à être de ses amis et je tiens particulièrement à remercier nos camarades de la CFDT grâce auxquels Daniel a été arraché in extremis au carré des Indigents du cimetière de Thiais et qui ont dans l’urgence organisé cette cérémonie, en ces lieux où nous pouvons lui rendre dignement hommage et où je peux au nom des Socialistes de la Fédération de Paris, de son 1er secrétaire Patrick Bloche et de la section du 17ème, lui dire affectueusement : « Au Revoir ».

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Annick LEPETIT, actuelle députée de la 3ème circonscription de Paris, porte-parole du Groupe  socialiste à l’Assemblée Natiionale :

Des souvenirs que je garderais de Daniel, c’est la joie que nous avons partagée ensemble le 2 février au soir. Il était très présent tout au long de cette campagne, et je pense que nous avons gagné ensemble, et de cette manière, a été pour lui une joie énorme. Et donc je garderais de lui ce sourire qu’il avait dans les yeux.

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