VIDÉOSURVEILLANCE : UNE EFFICACITÉ À RELATIVISER

En matière de vidéosurveillance, une vision purement comptable ne saurait constituer une méthode perti­nente pour appréhender son usage et son efficacité. 

L’efficacité mécanique de la vidéosurveillance comme instrument de lutte contre la délinquance est régulièrement questionnée. Touchant de près aux libertés, la vidéosurveillance mérite donc un examen attentif sur tous ses apects, bien au delà d’une simple politique. Ainsi, une étude de l’Institut d’Aménagement et d’Urbanisme de la Région Ile de France publiée en octobre 2008 concluait à la surévaluation de cette efficacité : la vidéo-surveillance « dissuade peu les délinquants qui adoptent des mécanismes de dissimulation et des stratégies d’adaptation à l’outil. La faible efficacité dissuasive de l’outil tend d’ailleurs, de plus en plus, à le transformer en un outil de police judiciaire voire en une machine à tout faire qui nuit à son efficacité ». De même, son rôle dans la résolution d’affaires reste marginal. Pour exemple, à Londres, pourtant très équipé, elle n’a permis de résoudre que 3% des délits sur la voie publique en 2006.

LA FAIBLE EFFICACITÉ DISSUASIVE DE L’OUTIL TEND À LE TRANSFORMER EN UN OUTIL DE POLICE JUDICIAIRE.

La question du contrôle de ces dispositifs est un enjeu majeur. La Commission des lois du Sénat réclamait en janvier 2009 une clarification du régime juridique applicable en matière de vidéosurveillance, pour qu’il soit davantage protecteur du droit des personnes. L’utilisation de ces dispositifs de vidéosurveillance peut constituer une réponse adaptée dans certaines situations mais pose de nombreuses questions touchant à la multipli¬cation des lieux d’implantation, au traitement des données personnelles, à la durée de conservation de ces données, à la nécessité de les accompagner de moyens humains. La mise en place de tels dispositifs ne doit pas justifier la diminution des effectifs policiers sur le terrain, seuls garants d’une sécurité efficace, exigence d’autant plus importante que le projet de loi de finances pour 2010 prévoit une diminution générale des effectifs de police et de gendarmerie pour les prochaines années.

Sandra Tabary

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