POUR LA RÉGULARISATION DES SALARIÉS SANS-PAPIERS

Depuis le 2 octobre 2009, des centaines de salariés sans-papiers se sont mis en grève, dans leur entreprise pour mettre fin à une hypocrisie économique connue de tous, obtenir leur régularisation et l’amélioration des conditions de travail.

Karl Ghazi, l’un des animateurs des luttes pour une régularisation sur le lieu de travail :

Quelle dimension a pris la lutte des salariés sans-papiers à Paris et en Ile de France ?

Karl Ghazi : 4 896 salariés sont en grève sur 40 piquets, disséminés sur l’ensemble de l’île de France, principalement à Paris. Ce nombre, impressionnant, ne cesse de croître de jour en jour. Cette dimension a permis d’engager très rapidement les discussions avec le ministère de l’Immigration qui nous a déjà reçu quatre fois depuis le 12 octobre.

Avril 2008, octobre 2009, quel retour d’expérience et quels débouchés avec les pouvoirs publics ?

Karl Ghazi : 2008 a constitué une nouveauté absolue : sortir la question de la régularisation des travailleurs sans papiers d’une logique purement humanitaire pour la remettre dans le cadre d’une lutte de salariés. 2 500 régularisations ont pu être obtenues à la suite du mouvement de 2008 mais, depuis quelques mois, les dossiers restent bloqués en préfecture. La première nouveauté du mouvement de 2009, c’est de demander une circulaire qui permette de régulariser les travailleurs, sans passer par le filtre arbitraire des préfectures et de critères «à la tête du client».
La seconde, c’est d’intégrer les salariés «individuels» (qui ne sont pas suffisamment nombreux dans leur entreprise) dans la lutte, en les regroupant sur des piquets de grève professionnels, comme celui du nettoyage et de la sécurité installé chez Samsic, 9 rue Descombes, à la Porte de Champerret.

LE COLLECTIF DES SALARIÉS SANS-PAPIERS INSTALLÉ DANS L’ENTREPRISE SAMSIC AU 23EME JOUR DE GRÈVE EXPLIQUE LES RAISONS DE SON MOUVEMENT AUX HABITANTS DU 17EME.

Le Collectif : Nous avons pour but d’obtenir la régularisation des salariés sans-papiers sur le lieu de travail avec l’aide d’une grande coordination (CGT, CFDT, USS, UNSA, FSU, LDH, CIMADE, RESF, Femmes Egalités, Autre Monde, Droits Devant !!). Cette grève consiste à faire occuper un site employant des travailleurs sans papier. Nous cotisons à la Sécurité sociale, à la retraite, aux impôts, nous travaillons dans nos entreprises et ne posons pas de problème.

Demander une circulaire qui permette de régulariser les travailleurs sans passer par le filtre arbitraire des préfectures.

Nous sommes salariés d’entreprises dans les secteurs du BTP, de la sécurité, de la restauration et du nettoyage. Au 23eme jour de grève, la solidarité entre nous est très forte et nous demandons des soutiens extérieurs pour nous aider. Le débouché de notre grève doit être l’obtention d’une circulaire de régularisation permettant une régularisation standardisée avec une carte de séjour pour salariés. Nous voulons mettre fin à l’injustice et l’insécurité de notre situation.

Propos recueillis par Jean-Marc Bombert

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